Équipe PolyFinances

Revue Mensuelle - Janvier 2022

Services financiers

L’impact de la hausse des taux d’intérêt sur l’économie mondiale, par Manal Mouhajir

Les banques centrales ont pour objectif d’assurer la stabilité d’une monnaie et de limiter l’inflation à travers notamment la régulation des taux directeurs. De plus, elles peuvent créer ou détruire de la monnaie ce qui influence l’ensemble de l’économie du pays. Plus on retrouve de la monnaie en circulation, plus la valeur de celle-ci se dégrade ce qui crée une augmentation des prix. A contrario, une circulation élevée peut également permettre plus d’investissement, car cela stimule l’économie. Le 26 janvier 2022 marque le dévoilement du calendrier de la FED (Réserve fédérale des États-Unis) pour la prochaine année. Au programme, une hausse des taux directeurs qui impactera l’économie mondiale. Plus les taux sont élevés, plus les emprunts seront difficiles et moins ils seront accessibles au peuple. À la suite de crise financière de 2008, la FED avait particulièrement diminué ses taux afin de permettre une plus grande accessibilité à l’argent pour aider l’économie américaine. Cependant, cette diminution peut créer une surchauffe, et c’est ce qu’on l’observe présentement, où les États-Unis connait un taux record d’inflation à 7% en 2021 (plus forte depuis 1982). Il est donc indispensable pour la FED d’augmenter ses taux pour retrouver un équilibre. Cette hausse des taux directeurs sensibilise les marchés financiers, qui sont instables depuis quelque temps. La Nasdaq a connu son pire début d’année depuis la crise en 2008. Dans le reste du monde, la Banque centrale européenne (BCE) applique sa propre politique, mais les changements des voisins américains se font tout de même ressentir dans l’ensemble du continent. Cette dernière ne prévoit pas monter ses taux, expliquant que l’inflation devrait se calmer au courant de l’année avec la reprise graduelle de l’économie post-Covid.

 

FinTech

Par Hugo Lirette

Le marché des cryptomonnaies dans son ensemble connaît un mois de janvier sanglant qui enregistre une baisse de 24.81% depuis le début de l’année 2022. Cela correspond à une baisse d’exactement 17.8% de plus que la baisse enregistrée par le S&P500. Les marchés financiers vont très mal et, pour le marché des cryptomonnaies, c’est encore pire. Cela peut être constaté par la figure suivante.

Figure 1 : Comparaison entre la performance du S&P Cryptocurrency Broad Digital Market Index et la performance du S&P500

Le Bitcoin perd près de la moitié de sa valeur depuis son ATH (All time high) de novembre. Cela peut être constaté par la figure suivante.

Figure 2 : Variation de la valeur du Bitcoin depuis son précédant ATH en novembre dernier.

Petit rappel comme quoi les cryptomonnaies sont hyper-dépendantes de la performance du BTC: si le Bitcoin baisse, le marché des cryptos va baisser.

Il est intéressant de remarquer que le Bitcoin se transige environ dans la même échelle de prix depuis un an. Le graphique suivant en témoigne.

Figure 3 : Intervalles de transaction du Bitcoin dans la dernière année.

Finalement, toujours en prenant une vue plus macro ainsi qu’une approche d’analyse technique, il y a présence d’un « double top pattern » dans le graphique de trading du Bitcoin. En finance, ce genre de modèle représente un signal de tendance extrêmement baissière à venir (« bearish »). Cependant, il y a présence d’un « higher high », c’est-à-dire d’un deuxième sommet plus haut que le premier, ainsi que d’un « higher low », c’est-à-dire d’un deuxième creux plus haut que le premier, signifiant que la tendance haussière sur un intervalle d’un an tient encore debout pour l’instant. À prendre en considération qu’il est toujours possible que le deuxième creux devienne un « lower low » en février. Dans un tel cas, le marché pourrait entrer dans une période « bearish », c’est-à-dire une période à tendance baissière. 

Figure 4 : « Double top pattern » du graphique de trading du Bitcoin

Finalement, en regardant l’indice de peur du marché, on peut comprendre qu’il y a une émotion d’extrême peur des investisseurs.

Figure 5 : Indice de peur & d’avidité

Mais où est-ce que le marché des cryptomonnaies va se diriger? Va-t-il sombrer encore plus profondément détruisant les espoirs des investisseurs ou va-t-il s’envoler vers la lune permettant des enrichissements absolument faramineux? À suivre dans les prochaines revues mensuelles…

 

Industries

Résultats de l’indice S&P 500 : Le secteur industriel devrait être en tête du classement en 2022, par Lynn Doughane

Tableau 1 : Suivi de la croissance des bénéfices du secteur S&P 500

Dans le tableau ci-dessus, nous pouvons observer le suivi de la croissance des bénéfices des secteurs du S&P 500 pour 2022 débutant au mois d’octobre 2021 car avec les bénéfices du troisième trimestre 2021, les sociétés commencent à faire leur première annonce pour 2022, généralement suite aux questions des analystes. La plupart des prévisions pour 2022 seront données entre janvier et février 2022, lorsque les sociétés publieront leurs résultats du quatrième trimestre 21, mais les investisseurs ont une idée de l’année à venir dès les résultats du troisième trimestre 21.

Figure 6 : Projections du bénéfice par action

Le secteur industriel devrait enregistrer la meilleure croissance du BPA cette année, suivi de près par le secteur de la consommation discrétionnaire. En outre, ce secteur devrait prendre la tête du classement en 2023 et afficher le meilleur TCAC du BPA sur deux ans, après avoir enregistré une croissance de près de 89 % en 2021.

Le secteur industriel, qui représente actuellement environ 7 à 8 % de la capitalisation boursière totale du S&P 500, est considéré comme sensible à l’économie et les lecteurs doivent donc tenir compte du fait que le système de la réserve fédérale va retirer ses liquidités excédentaires jusqu’en juin 2022, puis resserrer sa politique monétaire après cette période.

 

Consommation de base

Par Catherine Kallas

Une récente publication de Statistiques Canada a montré que l’année 2021 a été la plus marquante en termes de taux d’inflation depuis 1991. Plusieurs problématiques ont affecté le marché canadien telles que la pandémie, des interruptions des chaînes d’approvisionnement, un prix élevé relié aux biens énergétiques et des prix croissants dans le secteur de l’immobilier. La figure suivante représente l’inflation de différents biens et secteurs du Canada. Les données les plus marquantes concernent l’augmentation du prix de l’essence de 31.2% et celle des carburants avec une inflation de 24.4%.

Figure 7 : Inflation de différents biens et secteurs au Canada (Statistiques Canada, 2022)

L’indice de consommation de base connu sous le nom de « Consumer Price Index » a connu la même tendance avec une inflation de 3.4% en 2021. Le graphique suivant sert d’illustration de cet effet.

Figure 8 : Inflation de l’indice de consommation (Statistiques Canada, 2022)

Cette inflation concerne l’ensemble des provinces du Canada avec une augmentation plus marquée dans les régions atlantiques à cause d’une forte dépendance de cette région au mazout de fournaise dont le prix a grandement augmenté. Cette région est également la plus affectée en termes d’inflation dans le secteur du loyer et épicerie de base. La figure suivante offre une comparaison entre les différentes provinces du Canada

Figure 9 : Inflation de la consommation à travers le Canada (Statistiques Canada, 2022)

 

Immobilier

Par Marie-Pier Dufour

L’Invesco S&P/TSX REIT est l’indice caractérisant le marché boursier canadien au niveau du marché immobilier.

Comme on peut le remarquer en observant l’image suivante, le mois de janvier a été plus difficile pour le REIT que les S&P/TSX. Cette différence entre les deux indices peut s’expliquer par le ralentissement des ventes en immobilier. En effets, une diminution d’acheteur augmente le taux d’inoccupation pour les promoteurs immobiliers ce qui affecte leur santé financière. Une autre raison de cette sous-performance du secteur peut être l’annonce d’une augmentation du taux directeur. En effets, cette hausse qui avait lieu en janvier a créé plusieurs craintes et incertitudes affectant davantage l’immobilier dû à sa corrélation avec l’augmentation des taux d’intérêt. Or, les taux d’intérêt ont un impact sur le contexte économique des entreprises et donc des fonds. Il est à noter que l’annonce du gouvernement au sujet de l’obligation d’être vacciné pour les camionneurs ainsi que les citoyens désirant entrer dans les magasins à grande surface a dû contribuer à cette sous-performance.

Figure 10 : Indice S&P/TSX indice composé

Un portfolio a tout de fois su mieux performer que l’Invesco S&P/TSX REIT. Comme il est possible de constater à la figure suivante, Automotive Properties REIT a suivi l’indice TSX, pour ensuite se situer au-dessus de l’indice du 26 au 31 janvier. Il est donc possible d’affirmer que les fonds se spécialisant dans l’achat et la location de concessionnaires automobiles ont été moins affectés ce mois-ci. Cela peut être expliqué par le potentiel de croissance, le revenu et la marge de profits, lesquels sont intéressants pour l’industrie automobile, donc aussi pour les propriétaires des établissements.

Figure 11 : Indice S&P/TSX indice composé

 

Énergie

Par Abderraouf Nechadi et Justin Lachapelle

L’ETF qui suit la performance du secteur de l’énergie, HXE, a terminé l’année 2021 avec un gain de 81.48%, soit une augmentation du prix de 8.80$. Ceci s’explique notamment par la hausse du prix du baril de pétrole, causée par des problèmes au niveau de la chaîne logistique, une augmentation de la consommation de produits pétroliers et par les décisions des membres de l’OPEC+ quant à leur production maximale. En effet, la consommation mondiale s’élevait à 96.90 millions de barils par jour, tandis que la production mondiale s’élevait à 95.53 millions de barils par jour, réduisant ainsi les stocks en inventaires et causant une augmentation du prix du baril d’environ 36$.

2022 débute avec énormément d’incertitudes, il sera difficile de prédire la consommation pétrolière, car elle variera énormément selon les politiques gouvernementales quant à la gestion de la pandémie et les impacts des diverses variantes de COVID-19. Toutefois, il est clair qu’une transition vers les énergies vertes se fait sentir et un message puissant du CEO de BlackRock donne le ton en stipulant que le capitalisme va de pair avec la durabilité et indique que les 1000 prochaines « compagnies licornes » seront des entreprises permettant de réduire les émissions de carbones et facilitant la transition vers les énergies durables. Ainsi, tout investisseur devrait garder en tête cette transition avant de prendre position:

« Every company and every industry will be transformed by the transition to a net zero world. The question is, will you lead, or will you be led? » (Larry Fink, Letter to CEOS 2022)

Figure 12 : Courbe du prix de l’ETF HXE

 

Matériaux de base

Par Abderraouf Nechadi et Justin Lachapelle

La majorité du portefeuille est exposé au secteur de l’or (52.64%), ainsi qu’au secteur des fertilisants et autres produits chimiques pour l’agriculture (15.18%). En 2021, l’ETF a eu un maigre gain de 3.43%, ce qui est un peu plus faible que le retour de 4.06% du S&P/TSX Capped Materials Index et beaucoup plus faible que le retour du S&P500 qui est de 26.9%. Le cours de l’action a fluctué entre 19.08$ et 16.27$ et valait en moyenne 17.63$ au cours de l’année, signifiant que le marché des matériaux est resté assez constant., malgré quelques mouvements directionnels assez important au cours de l’année. Ces fluctuations ont notamment été causées par des politiques fiscales et monétaires très souples, d’énormes investissements au niveau de l’infrastructure par l’administration Biden (« Bipartisan Infrastructure Deal » ainsi que des problèmes au niveau de la chaîne logistique.

En vue de l’incertitude actuelle causée par la pandémie et les tensions géopolitiques, il sera difficile de prévoir avec certitude une tendance pour le secteur en 2022. En effet, l’inflation étant très élevée en ce moment, les politiques monétaires et fiscales risquent de se resserrer, réduisant la croissance de plusieurs industries et par le fait même, la demande en matériaux. De plus, les tensions en Europe de l’Est peuvent créer des problèmes au niveau de la chaîne de distribution du pétrole, ce qui risquerait d’augmenter les coûts de production pour l’industrie chimique. Toutefois, les investissements dans l’énergie verte et au niveau des infrastructures pourraient être un point positif pour le secteur des matériaux.

Figure 13 : Courbe du prix de L’ETF XMA.TO (noir) en comparaison avec la courbe de l’indice TTIM (orange)

 

Technologie de l’information

Par Guillaume Thibault

Tout investisseur moderne ne se surprend plus à voir monter les titres technologiques semaine après semaine, mois après mois et maintenant années après années. Ces entreprises sont difficiles à évaluer dû à leur profitabilité à l’instant présent qui ne reflète pratiquement jamais le potentiel incroyable de leurs flux monétaires futurs (ces actions qui méritent le titre de « growth stocks »). Toutefois, ces titres ne cessent de surprendre les investisseurs en atteignant de nouveaux sommets que peu auraient imaginés il y a seulement quelques années.

Cependant, janvier 2022 fait exception à cette nouvelle norme étrange (à laquelle nous sommes présentement accoutumées). En effet, le S&P 500 a reculé de 5.86% ce dernier mois. Plusieurs raisons pourraient expliquer ce recul, mais les analystes s’entendent sur deux facteurs principaux :

  1. Les titres technologiques sont à leur sommet. Statistiquement parlant, les probabilités sont donc plus élevées de connaitre des rendements décevant à court terme.
  2. La hausse des taux d’intérêt qui frappe fort les entreprises dont l’évaluation se base fortement sur leurs flux monétaires futurs.

Figure 14 : Évolution du S&P500 pour janvier 2022

 

Utilités

Par Félix Glorieux

Le secteur des utilités est composé de compagnies qui procurent de l’électricité, du gaz naturel, de l’eau et d’autres services aux maisons et entreprises. Ce secteur avait une capitalisation boursière de plus de $ 1.5 trillions en date de Mars 2021.

En effet, on peut comparer les rendements d’environ 6.57% du Vangaurd Utilities Fund ETF (VPU) au 14.37% de croissance que le TSX a connu depuis la dernière année.

Figure 15 : Comparaison des rendements du VPU

La correction que le marché a subi ces derniers temps n’a pas épargné le domaine des utilités, qui a perdu 3.8% de valeur au courant du dernier mois, alors que le marché a lui perdu 4.4% pendant la même période. Le secteur des utilités a cependant été moins volatile que le marché global : le minimum atteint au courant du dernier mois a été de -4.0%, alors que le marché global a atteint un minimum de -6.1% il y a quelques jours.

Le secteur des services publics a eu tendance à mieux performer lorsque les inquiétudes concernant le ralentissement de la croissance économique refont surface, et à sous-performer lorsque ces inquiétudes s’estompent. Cela s’explique en partie par la nature défensive traditionnelle du secteur et ses revenus stables – les gens ont besoin de services d’eau, de gaz et d’électricité à toutes les phases du cycle économique. Pendant ce temps, les faibles taux d’intérêt qui accompagnent généralement une économie faible fournissent un financement bon marché pour les importantes dépenses en capital requises dans cette industrie.

Cependant, bien que les taux d’intérêt soient bas d’un point de vue historique, ils devraient augmenter à mesure que l’économie continue de se développer. Il pourrait y avoir un financement gouvernemental important pour les services publics dans le cadre d’initiatives d’énergie propre qui profiteraient aux perspectives de profit du secteur, en fonction de l’étendue des nouvelles réglementations, ce qui pourrait également augmenter les coûts.