Suivi des titres

Bombardier inc.

(07 Janvier 2015). Le titre de Bombardier Inc. (TSE : BBD.B) est détenu par PolyFinances depuis Mai 2015 et avait été acquis au montant de 2.44$CAD. Moins d’un an plus tard, il ne se transige désormais qu’à une valeur de 1,25$CAD. Ceci représente une chute drastique du stock d’environ 69% depuis son intégration dans le portefeuille de PolyFinances. Le présent document constitue le premier suivi de titre réalisé depuis son acquisition.

Tout d’abord, il convient d’observer les résultats trimestriels de la compagnie ainsi que les prévisions futures.

  Q2 2013 Q3 2013 Q4 2013 Q1 2014
CA 4532,3943 4215,7394 5588,2075 4800,0673
Croissance YoY - - - -
Profit Net 185,1836 150,6363 99,7144 124,5768
Marge de profit 3,3508 3,5914 1,423 2,7472
  Q2 2014 Q3 2014 Q4 2014 Q1 2015
CA 5333,628 5340,7013 6772,8447 5453,496
Croissance YoY 0,150223019 0,210639359 0,174909843 0,119818315
Profit Net 166,8463 74,0252 -1806,8495 121,5471
Marge de profit 3,7143 3,2288 -9,98 2,7136
  Q2 2015 Q3 2015 Q4 2015 Est Q1 2016 Est
CA 5681,8892 5414,0777 7809,082 5455,034
Croissance YoY 0,061293205 0,01355289 0,13269643 0,000281941
Profit Net 153,7308 -6399,2881 57,846 29,267
Marge de profit 2,7852 -0,6796 0,818457278 0,643167394

Tableaux I. Résultats trimestriels historiques et futur (estimation)

Il est facile de constater à quel point la détermination  d’une tendance explicite dans l’évolution de ces chiffres n’est pas évidente. Ces résultats financiers de la compagnie démontrent une instabilité de Bombardier due notamment au fameux programme de la CSeries. Au troisième trimestre de l’année civile 2015, les dépenses pour la CSeries s’élevaient à près de 5,4G$US, soit 58% de plus que celles prévues initialement. Les marges de profits relativement faibles, variant entre 1,42% à 3,59% durant l’année 2013, ont connu une chute drastique au 4ème trimestre de 2014 avec des pertes de 9,98% du chiffre d’affaires. Le problème est que les résultats qui ont suivi cette catastrophe n’ont  pas été plus concluants. En effet, les marges de profit en 2015 ont été très volatiles avec 2,72% au 1er trimestre contre -0,67% au 3ème. Parallèlement à cela, le chiffre d’affaires de l’entreprise est resté quasi-constant au fil du temps (~5G$CAD) et même si les estimations prévoient une valeur de 7.8G$CAD pour le 4ème trimestre de 2015, il devrait chuter à 5.4G$CAD durant le 1er trimestre de 2016.

Bombardier est bien en difficulté présentement et tente de maintenir la tête hors de l’eau. Rien ne laisse présager que cette situation s’améliorera à court terme. En effet, rappelons que le gouvernement du Québec a apporté une aide financière colossale d’une valeur de 1G$US à la compagnie, faisant de cette province le 1er actionnaire du programme CSeries avec 50% de part sur les revenus futurs. La compagnie a également accepté de conserver l’ensemble de ces activités principales au sein du Québec pour les 20 prochaines, un point négatif sur le plan stratégique de développement des affaires. Un succès de la CSeries n’est donc pas nécessairement synonyme d’une santé financière refaite pour l’entreprise.

 

In Millions of CAD except Per Share FY 2010 FY 2011 FY 2012 FY 2013 FY 2014
12 Months Ending 01/31/2010 12/31/2011 12/31/2012 12/31/2013 12/31/2014
Quick Ratio 0.49 0.40 0.33 0.35 0.30
Total Debt/Equity 110.43 707.60 426.41 285.34 13,969.09

 

PEG 3.09
PEG ind 1.77

 

Tableaux II. Ratios financiers

Par ailleurs, les ratios financiers de la compagnie ne permettent pas de rassurer les investisseurs. Entre 2012 et 2014, le ratio de liquidité immédiate (quick ratio) a varié de 0,30 à 0,35, preuve que la firme n’est pas en mesure de rembourser ses créanciers sur le court terme. De 2013 à 2014, le ratio du total de la dette par rapport à l’équité (avoirs des actionnaires) a connu une explosion phénoménale, avec une croissance de 4800%! Ceci n’est pas prêt d’inciter à l’achat de titres BBD d’aussi tôt. Enfin, comparativement à l’industrie aéronautique, Bombardier présente un Price/Earnings to growth 2 fois plus élevé, soit de 3,09, ce qui représente pour un investisseur un bénéfice 3 fois inférieur au prix d’achat de l’action.

La situation de Bombardier est donc loin d’être rassurante même si la certification du CS100 accordée par Transport Canada permet de garder espoir. Il convient de conserver le titre et d’attendre les premières livraisons d’appareils ainsi que les premiers vols tout comme les clients qui n’ont réalisé aucune commande depuis 1 an.

Il reste donc à caractériser le titre de Bombardier. Pour se faire, la méthode du « Discounted Cash Flow » (DCF) sera utilisée, comme les dividendes de Bombardier sont quasi inexistants. La première étape de l’analyse est de déterminer la période de prévision des flux de trésorerie de Bombardier. La période recommandée pour une entreprise avec un taux de croissance peu élevé se situant dans une industrie très compétitive avec de minces marges de profits est d’un an. Cette année sera divisée en trimestre. À l’aide des données de la figure 1, les estimations des flux de trésorerie ont été estimées pour Q2, Q3 et Q4 2016 et Q1 2017. Ensuite le taux de croissance soutenable et le coût moyen pondéré du capital sont calculés. Ces valeurs vont aider à évaluer Bombardier. Avec cette méthode, Bombardier est donc évalué à 894.44M$CAD. Avec présentement plus de 1.3G d’actions, la valeur unitaire d’une action serait donc évaluée à 0.688$CAD. Ceci voudrait dire que la valeur actuelle d’une action de Bombardier, soit de 1.07$CAD, est encore surévaluée.