COVID-19, marchés financiers et économie : « la lumière au bout du tunnel »?

Par Sarah-Clohé Lacoste, membre de la cohorte 2019-2020

Revue des marchés

Les marchés boursiers ont connu une semaine écourtée et relativement positive, les investisseurs accueillant positivement les nouvelles mesures mises en place par les autorités politiques.

L’indice composé S&P/TSX a inscrit des gains dans tous les secteurs. Les gains les plus solides ont été comptabilisés dans les secteurs les plus bousculés depuis le début de l’année, dont la consommation discrétionnaire, la santé et l’immobilier. L’énergie a été l’exception : les cours du brut sont restés hésitants. La consommation de base et les services de communications ont eux aussi été à la traîne. Dans le S&P 500, la finance, les matériaux et l’immobilier se sont hissés au rang des plus performants.

Le dollar américain a glissé, les indices de volatilité ont chuté, les rendements des obligations d’État ont décollé mondialement, et l’or a regagné les récentes pertes causées par les besoins en liquidités des investisseurs. Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,51 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 71,26 cents US de la veille. À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 2,33 $ US (-9%) à 22,76 $ US le baril, tandis que celui de l’or a pris 68,50 $ US à 1752,80 $ US l’once. 

Nouvelles économiques

Cette semaine a été marquée de bonnes nouvelles économiques, ce qui explique en partie l’enthousiasme qu’ont connu les marchés boursiers. En effet, les marchés boursiers du monde entier ont rebondi en raison desnouvelles selon lesquelles le nombre de nouveau cas par jour semble prendre un nouveau virage en Europe notamment en Espagne et en Italie ainsi que les timides signes de progrès à New York. Du côté américain, bien que le nombre de nouveaux cas augmente de jour en jour et que New York ait enregistré sa journée la

 plus meurtrière, avec 731 morts en l’espace de 24 heures, le président Donald Trump a déclaré via Twitter voir « la lumière au bout du tunnel! » Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Trump, a déclaré à MSNBC que la gestion de la crise de la santé publique restait la priorité absolue de la Maison-Blanche, mais a ajouté qu’il examinait également comment « il pourrait, peut-être, rouvrir progressivement l’économie, en y allant par morceau et en restant à l’écart des zones les plus à risque ».

Mardi, la Chine n’a signalé aucun nouveau décès de Covid-19 pour la première fois depuis janvier, malgré les difficultés avec les épidémies en cours, y compris à Wuhan, où des dizaines de blocs résidentiels ont été fermés à clé un jour seulement avant la levée des restrictions de voyage. La Commission nationale de la santé a signalé 32 nouveaux cas à travers la Chine, tous arrivés d’un autre pays. Il y a également eu 30 nouveaux cas asymptomatiques signalés.

Données de l’emploi

L’enquête sur la population active de mars 2020 publiée par Statistique Canada jeudi dernier suggère que le Canada aurait perdu plus de 1 million d’emplois en mars (-1 011 000 ou -5,3%). Cette diminution d’occupation de l’emploi peut être attribuée à la COVID-19 et porte à 3,1 millions le nombre total de Canadiens touchés par une perte d’emploi ou des heures réduites. Le taux de chômage a augmenté de 2,2 points pour s’élever à 7,8%. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle enregistrée depuis 1976. La perte est huit fois plus importante que le record mensuel précédent, mais les économistes ont prévenu que la situation sera probablement encore pire en avril, lorsque l’impact des pratiques de distanciation physique et d’autres mesures se sera clarifié et que des millions de Canadiens auront commencé à recevoir une aide fédérale d’urgence.

Plus de trois ans de gains d’emplois ont été anéantis en un seul mois, a souligné l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, dans une note qui suggérait que toutes les pertes ne seraient pas récupérées lorsque les mesures de santé publique et les fermetures commenceraient à être levées. « L’impact économique des fermetures massives de mars est très visible, et le mois d’avril le verra très probablement s’enfoncer encore plus profondément sur la base des premiers chiffres des demandes de prestations d’assurance-emploi », a écrit M. Porter. Il faut dire que le nombre de chômeurs a augmenté principalement en raison des mises à pieds temporaires. En effet, plus de 80% des emplois perdus ont été étiquetés comme mise à pied temporaire. Bien que les employeurs aient l’intention de réembaucher les employés mis à pied temporairement, il faut s’attendre à ce qu’un certain nombre d’entre eux voient leur statut de mise à pied temporaire se transformer en mise à pied permanente selon le cours de l’économie.

Les secteurs comportant un contact direct avec le public ou une capacité limitée de travailler de la maison ont enregistré les diminutions les plus prononcées des heures travaillées. Cela comprend les services d’hébergement et de restauration (-41,1%); l’information, la culture et les loisirs (-30,6%); les services d’enseignement (-28,8%). Dans l’ensemble, le total des heures travaillées a diminué davantage dans le secteur des services (-17,3%) que dans le secteur des biens (-8,3%).

Un rapport distinct, publié jeudi par le directeur parlementaire du budget, a calculé que l’effet des dépenses supplémentaires, combiné à la perte d’activité économique, porterait le déficit budgétaire pour l’exercice qui vient de se clôturer à 27,4 milliards. Le rapport d’Yves Giroux prévoit que le déficit fédéral pour l’exercice qui a commencé le 1er avril dépassera 184,2 milliards. Il a suggéré que davantage de dépenses pourraient être nécessaires pour soutenir les travailleurs et les entreprises que celles déjà annoncées. « De plus, après la mise en place des mesures de soutien, des mesures de relance financières pourraient être nécessaires pour que l’économie redémarre, surtout si le comportement des consommateurs et des entreprises ne revient pas à la “normale” rapidement », a écrit M. Giroux dans le nouveau rapport.

Les demandes d’assurance emploi ont atteint la somme de 16 millions au cours des trois dernières semaines aux États-Unis. Cela représente près de 10% de la population employée américaine et d’autres demandes sont à venir. Ces chiffres donnent une première estimation du minimum d’emploi perdu qui devrait être reporté en avril.  Finalement, il faut mentionner que le Canada ne fait pas moins bien que les États-Unis. En effet, l’enquête sur l’emploi américaine présentée le 3 avril dernier présente des résultats supérieurs à ceux obtenus par l’enquête canadienne en ce qui concerne la création d’emploi. Néanmoins, les chiffres du mois de mars ne reflètent pas la situation réelle de l’emploi puisque les périodes de références sont antérieures à la fermeture d’entreprises et d’écoles liées à la COVID-19 dans la seconde moitié du mois de mars.

Portrait du commerce mondial

En 2020, le commerce mondial pourrait chuter de 13 à 32% selon l’organisation mondiale du commerce (OMC), un premier recul depuis 2009. Est-ce que le portrait du commerce mondial se transformera de façon importante dans les prochaines années ? Allons-nous entamer une nouvelle ère du protectionnisme?

Il faut savoir que le commerce ralentissait déjà en 2019 avant que le virus ne frappe, alourdi par les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance économique. Le commerce mondial de marchandises a enregistré une légère baisse pour l’année de -0,1% en volume après avoir augmenté de 2,9% l’année précédente. Parallèlement, la valeur en dollars des exportations mondiales de marchandises en 2019 a chuté de 3% pour s’établir à 18,89 billions de dollars américains. En revanche, le commerce mondial des services commerciaux a augmenté en 2019, les exportations en dollars augmentant de 2% pour atteindre 6,03 billions de dollars américains.

Le choc économique de la pandémie de COVID-19 invite inévitablement à des comparaisons avec la crise financière mondiale de 2008-2009. Ces crises sont similaires à certains égards, mais très différentes à d’autres. Comme en 2008-2009, les gouvernements sont à nouveau intervenus dans la politique monétaire et budgétaire pour contrer le ralentissement et fournir un soutien temporaire du revenu aux entreprises et aux ménages. Mais les restrictions de mouvement et les distanciations sociales pour ralentir la propagation de la maladie signifient que l’offre de main-d’œuvre, les transports et les déplacements sont aujourd’hui directement affectés contrairement au moment de la crise financière. Des secteurs entiers des économies nationales ont été fermés, notamment les hôtels, les restaurants, le commerce de détail non essentiel, le tourisme et une part importante de la fabrication. Dans ces circonstances, la prévision nécessite des hypothèses solides sur la progression de la maladie et une plus grande dépendance à l’égard des données estimées plutôt que rapportées.

Les performances commerciales futures sont donc divisées en deux scénarios distincts. Dans le scénario optimiste, la reprise sera suffisamment forte pour rapprocher le commerce de sa tendance d’avant la pandémie, tandis que le scénario pessimiste n’envisage qu’une reprise partielle. Compte tenu du niveau d’incertitudes, il convient de souligner que la trajectoire initiale ne détermine pas nécessairement la reprise ultérieure. Par exemple, on pourrait voir une forte baisse des volumes d’échanges en 2020 selon les lignes du scénario pessimiste, mais un rebond tout aussi spectaculaire, rapprochant les échanges de la ligne du scénario optimiste d’ici 2021 ou 2022.

Après la crise financière de 2008-2009, le commerce n’est jamais revenu à sa tendance précédente. Un fort rebond est plus probable si les entreprises et les consommateurs considèrent la pandémie comme un choc temporaire et ponctuel.

Récession

La réaction des marchés boursiers semble, à première vue, être similaire à celle de la dernière crise financière, mais elles sont bien différentes. En 2008, l’étincelle de la crise a été dans le financier lui-même et l’impact sur l’activité réelle a été indirect et plus incertain. La principale conséquence de la croissance du GFC n’a pas été la récession en soi, mais la propagation caractérisée par une baisse importante de l’activité par rapport à sa tendance d’avant causée par le désendettement à grande échelle et la prolongation des déséquilibres sur plusieurs années.

Pourtant, la plupart des dommages en 2020 proviendront probablement de la crise elle-même. Elle émane d’un arrêt soudain et fort de l’économie mondiale. Compte tenu de sa nature, l’approche par cycle économique typique pour suivre les récessions et les recouvrements ne fonctionne pas dans cette situation et il est difficile d’en estimer les impacts à long terme. De plus, ce choc a des implications structurelles qui vont au-delà de la conjoncture. Cela pourrait entraîner des changements permanents dans le comportement des consommateurs et des entreprises, ce qui impliquerait des ajustements sectoriels. Ces changements auront des impacts similaires à ceux qu’a eus l’innovation technologique, ils créeront des gagnants et des perdants.

Marchés boursiers

 Les marchés boursiers nord-américains ont clôturé en hausse cette semaine, encouragée par la trajectoire de la pandémie de la COVID-19. Cette nouvelle laisse présager une bonne reprise économique bien qu’il faudra mettre un certain temps avant d’observer l’impact des emplois perdus et des écarts de production entraînés par les mesures actuelles. Cette nouvelle progression des actions a ramené le marché en territoire haussier puisqu’il se situe désormais 20% au-dessus de son creux enregistré au 23 mars dernier. Les marchés financiers ont récupéré en plus ou moins trois semaines la perte de 38% qu’ils avaient accumulé depuis le début de l’année 2020. Il s’agit d’une récupération certes rapide, mais de nombreux analystes appellent tout de même à la prudence dans une économie fragilisée et soumise à de vifs mouvements au gré des développements et des décisions politiques en lien avec la COVID-19.

Les dernières mesures mises en place par la Réserve fédérale américaine

Le programme de sauvetage de la Réserve fédérale comprend un soutien au marché de la dette des entreprises. La banque centrale américaine a annoncé jeudi qu’elle élargissait son soutien à la dette des entreprises en déclarant que l’assouplissement quantitatif s’étend maintenant aux obligations corporatives à haut rendement risquées.

Selon les récentes annonces, l’assouplissement quantitatif s’étend aux obligations corporatives à haut rendement. La réserve fédérale ne prêtera pas directement aux entreprises ayant un mauvais bilan, mais achètera des unités de FNB d’obligations à haut rendement. En réponse à cette nouvelle, les FNB de dette d’entreprise ont rebondi. Le FNB iShares IBoxx $ Investment Grade Corporate Bond a augmenté de 3,2%, tandis que HYG, iShares iBoxx $ High Yield Corporate Bond ETF a bondi de 6,8% dans sa plus grande évolution depuis 2008.

En ce qui concerne les obligations corporatives d’entreprises avec un bon bilan, les investisseurs ont pratiquement récupéré ce qui avait été perdu pendant la crise. Cependant, ce n’est pas le cas pour les obligations à haut rendement. La banque centrale américaine exprime depuis longtemps son inquiétude face au grand nombre de sociétés notées triple B, juste au-dessus de la catégorie haut rendement. Une baisse des notations de crédit des entreprises de ce niveau d’investissement le plus bas signifierait des taux d’intérêt plus élevés pour ces entreprises, mais aussi potentiellement moins de liquidité sur le marché des obligations pour leur dette. Cibler la dette à haut rendement peut grandement aider les sociétés énergétiques, dont beaucoup sont notées indésirables et qui luttent avec l’effondrement des prix du pétrole.

Les autorités monétaires allègent les règles de capital des banques pour faciliter l’accès au crédit

Une seconde mesure mise en place par la réserve fédérale vise maintenant à appuyer les entreprises qui ont de la difficulté à emprunter sur le marché des capitaux. En tout, ce sont 500 milliards de dollars qui ont été libérés afin de faciliter l’accès au crédit. Sur le marché traditionnel (le marché bancaire) les autorités monétaires ont libéré du capital pour que les banques prêtent davantage que par le passé, en assouplissant les règles de capital. Notamment les réserves minimales à maintenir, les ratios de capitalisation, etc.

Pétrole : les négociations entre les pays du G20 n’ont pas mené à un accord de baisse de production du pétrole

 Vendredi, les ministres de l’Énergie des pays du G20 ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une baisse de la production pétrolière, jusque-là bloquée par le Mexique. Pourtant, un accord entre les États-Unis et le Mexique pour aider Mexico à remplir le quota de réduction exigé par les producteurs semblait lever un obstacle à une entente globale. En effet, le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador et son homologue américain, Donald Trump, se seraient entendus sur une réduction des pompages mexicains de 100 000 barils par jour (bj) et de 250 000 bj américains s’ajoutant à leurs engagements précédents, afin de compenser la part mexicaine. Tout porte à croire que cet accord américano-mexicain n’a pas permis de parvenir à une décision de baisse de la production.

Les efforts diplomatiques se seraient pourtant multipliés pour tenter de parvenir à un accord entre les pays du G20. Les ministres de l’Énergie de la Russie, de l’Arabie saoudite de même que les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine avaient invité leurs homologues à agir dans un esprit de partenariat, de solidarité dans le but de contribuer à la stabilité des marchés énergétiques mondiaux.

En effet, l’extrême volatilité observée sur les marchés de l’énergie prote grandement préjudice à l’économie mondiale a déclaré le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Faith Birol. Il faudra s’attendre à une réponse des marchés dès leur réouverture lundi, étant donné que la rencontre s’est déroulée alors que les marchés étaient fermés pour le congé pascal. D’ailleurs, notons que les marchés avaient, jusqu’à maintenant, privilégié l’option qu’une entente allait survenir entre les pays participants. Puisqu’aucune entente n’a eu lieu, il risque d’y avoir beaucoup d’impact sur le marché financier, principalement sur le prix du pétrole et sur le dollar canadien, par ricochet.

Le communiqué final publié après la fin du sommet virtuel organisé par l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, comporte des engagements de coopération future dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la COVID-19, mais ne fait mention d’aucune baisse.

Facteur de risque à surveiller : les états auront-ils recours au protectionnisme ou non?

D’un point de vue économique, comment les états réagiront-ils à la crainte de pénurie de certains produits? Remettront-ils en question le modèle économique actuel basé sur le libre-échange?

Selon l’ancien directeur de l’OMC Pascal Lamy, 60 % du commerce international concerne des biens intermédiaires ou des tâches à être incluses dans un produit final. En 2017, les exportations internationales étaient composées de 40 % de produits et de services importés. En 2015, les biens intermédiaires représentaient 50 % de la valeur totale des importations des pays de l’ALENA. Ainsi, rapatrier la production de l’ensemble des biens intermédiaires et des tâches menant à la confection des produits au Québec et au Canada impliquerait une redéfinition complète des chaînes de production et une réorientation de carrière de main-d’œuvre qui ne possèdent pas le savoir-faire nécessaire à une industrie majoritairement primaire et secondaire, sans parler de l’augmentation des prix que cela amènerait. En 2019, le commerce international a diminué en pourcentage du PIB mondial en raison de la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine. Si les pays choisissent de tenter de rapatrier la production et d’ériger des barrières protectionnistes ou de dénoncer tous les accords de commerce, la crise économique majeure qui suivra celle de la COVID-19 se transformera probablement en dépression comme en 1929. Le protectionnisme et le repli nationaliste ne semblent pas être une solution viable à la situation actuelle.

Historiquement, on enregistre deux événements pour lesquels les marchés financiers ont poursuivi leur baisse après avoir enregistré un recul de 30%, depuis 1945. D’abord, il y a eu la bulle des .com dans les années 1999-2000, suivi de la guerre du Golf qui a entraîné un bear market. Ensuite, la crise financière de 2008 a quant à elle enregistré un recul de 55% et le bear market s’est étendu sur une plus longue période. Cette fois-ci, les spécialistes croient plutôt que le creux a été atteint et prévoient une relance de l’activité économique plus rapide que ce qu’ont connu les marchés à la suite des événements survenus en 2001 et 2008. Pour cette raison, les spécialistes ne s’attendent pas à une remontée en flèche des marchés boursiers (allure en V) malgré le fait qu’une prise de profits semble avoir lieu actuellement. De plus, ils doutent que les marchés expérimentent une nouvelle chute à – 38% (allure en W). Dans l’attente de la stabilisation des marchés, les analystes invitent donc les consommateurs à être prudents.

Le large éventail de possibilités de déclin prévu s’explique par la nature sans précédent de cette crise sanitaire et l’incertitude entourant son impact économique précis. Les estimations de la reprise attendue en 2021 sont également incertaines, les résultats dépendant largement de la durée de l’épidémie et de l’efficacité des réponses politiques.

Références

Laisser un commentaire