L’impact du coronavirus sur les marchés boursiers

La nouvelle épidémie du siècle est le coronavirus (COVID-19). Ce virus a été découvert en Chine à Wuhan le 31 décembre 2019. Les symptômes sont la fièvre, la toux, l’essoufflement et la difficulté respiratoire. Ce virus peut entraîner une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale et la mort. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le 30 janvier dernier que la nouvelle épidémie de coronavirus est une urgence de santé publique de portée internationale. En effet, en date du 9 mars 2020, 105 pays ont été affectés par COVID19 soit 113 585 cas confirmés, 3 996 morts et 62 517 personnes guéries. Les pays les plus impactés sont la Chine, l’Italie et l’Iran. La population est alarmée par ce virus parce qu’il se propage très rapidement ce qui impacte le marché boursier.

L’historique des épidémies sur le marché boursier

Le coronavirus n’est pas la première crise épidémique. En effet, durant les 40 dernières années, il y a eu 12 épidémies mondiales et 6 déclarations d’urgences de santé publique internationale (UPSI) par l’OMS depuis que cette déclaration a été adoptée suite à l’épidémie de SRAS en 2003. 

Figure 1. Le rendement mondial sur 6 mois de l’indice selon différentes épidémies. Source : GLC, 2020

D’après la figure 1, il y a une tendance sur le rendement de l’indice mondial en temps de crises. En effet, au début de chaque épidémie, les marchés ont baissé par une chute du co

urs des actions et une hausse du cours des obligations et de l’or. Les marchés boursiers se redressent après 6 à 12 mois. Ceci peut être expliqué par la décision des investisseurs. Au début de chaque nouvelle épidémie, ils fondent leur décision sur la peur. Une fois le pic le plus bas passé, la liquidation massive ralentit et les investisseurs s’appuient de nouveau sur les données fondamentales. 

Présentement dans les médias et dans la population, il est possible de ressentir une augmentation de la crainte envers le coronavirus. En effet, les hôpitaux se préparent à recevoir des patients atteints du virus, les gouvernements imposent des mises en quarantaine pour les personnes contagieuses et il y a des restrictions concernant des voyages dans certains pays. Cette crainte impacte directement l’économie mondiale et les marchés boursiers. En effet, la cour des actions a chuté comme il est montré sur la figure 1 (ligne jaune) et il y a une augmentation de la volatilité. Comme expliquer à la section précédente, les marchés pourront se stabiliser uniquement lorsqu’il n’y aura plus d’augmentation de nouveaux cas de COVID-19 et plus de peur. Tout au long de la crise, la volatilité sera élevée, mais les actions ne resteront pas nécessairement en chute libre. Lorsqu’il y aura des signes d’améliorations comme le virus ne se propagera plus aussi rapidement que maintenant, il est possible de s’attendre à un redressement. Donc, les titres les plus bas actuellement (ex. : les actions des marchés émergents, des compagnies aériennes et des secteurs liés au pétrole et au cuivre) connaîtront une remontée.

Les effets du coronavirus sur l’économie actuelle

Depuis la propagation massive du coronavirus, plusieurs changements ont été remarqués dans l’économie mondiale. En effet, le 4 mars dernier, la Banque du Canada a annoncé une baisse du taux d’intérêt passant de 1,75 % à 1,25 %. De même que pour la Réserve fédérale des États-Unis, qui, la veille, a, aussi, annoncé une baisse de son pourcentage de son taux directeur pour amortir l’impact économique du coronavirus. En effet, ce virus a perturbé les chaînes d’approvisionnement. Ceci est la première baisse du taux directeur depuis l’été 2015.

Du côté de l’indice boursier S&P500, il a chuté de 7,6 % à 2 746,56 points en date du 9 mars 2020. Ce qui correspond à la chute la plus basse depuis la crise en 2008. De même que pour l’indice le Dow Jones Industrial Average qui a chuté de 7,79 % qui représentent, aussi, la variation la plus basse depuis le 15 octobre 2008 lorsque la chute était de 7,87 %. De plus, la même journée, les cours du pétrole ont chuté d’environs de 25 % à New York et à Londres après l’échec de discussion entre la Russie et l’Arabie saoudite. En effet, la Russie qui est classée comme le deuxième producteur mondial de pétrole a refusé une réduction de production de 1,5 million de barils par jour afin de diminuer les prix du pétrole. Ce qui a poussé l’Arabie saoudite a baissé le prix de son or noir et a augmenté sa production à cause des craintes du coronavirus sur l’activité économique. De plus, la bourse de Toronto (TSX) a connu une baisse de 10,3 %. Ce qui a impacté le secteur de l’énergie en tombant de plus de 20 %.

Ce même phénomène de chute peut être observé aux indices boursiers en Europe due au krach pétrolier et la crainte économique due au COVID-19 (voir la figure 2). Seules les obligations souveraines américaines et allemandes profitent de cette chute, car les taux d’intérêt à dix ans sont au plus bas niveau.

Figure 2. Un graphique comparatif des indices boursiers de différents pays (Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour les 3 derniers mois du 9 décembre 2019 au 9 mars 2020. Source : zonebourse, 2020

Les astuces pour investir en temps de crise

Le GLC groupe de gestion d’actifs, une société de gestion de placements canadienne qui gère un actif de plus de 55 milliards de dollars, proposent 5 astuces pour les investisseurs en temps de crise pour maintenir une saine stratégie de placement et contrer les réactions émotives d’investissement.

  • Ne pas paniquer.

La prise de décision selon l’émotion est souvent impulsive et excessive et celle-ci peut nuire à la création de valeur à long terme.

  • Profiter de la valeur ajoutée par la gestion active de portefeuille.  

C’est le temps de sauter sur de bonnes occasions d’achat.

  • Travailler avec son conseiller en sécurité financière.

En période de forte volatilité, il est important de déterminer votre tolérance au risque, l’échéancier de vos objectifs de placement et votre programme financier global afin de maintenir vos objectifs que vous avez fixés.

  • Avoir un plan pour des moments comme celui-ci.

Profitez de l’expérience actuelle pour voir comment la volatilité boursière affecte votre investissement.

  • Trouver une ressource fiable et claire pour comprendre le marché.

Il faut se méfier de la mauvaise information qui alimente la peur.

Références :

Brent Joyce, CFA, Chef des stratégies de placement. (27 février 2020). Sous la loupe de GLC – Réaction du marché face au coronavirus : Examen approfondi du point de vue de GLC et perspectives de placement en 2020. [En ligne]. Disponible : https://www.glc-amgroup.com/fr/nouvelles/mises-a-jour/sous-la-loupe-de-glc-reaction-du-marche-face-au-coronavirus.html

Brent Joyce, CFA, Chef des stratégies de placement. (29 février 2020). Sous la loupe de GLC – Le coronavirus : comprendre la réaction des marchés et maintenir une saine stratégie de placement en cinq points. [En ligne]. Disponible : https://www.glc-amgroup.com/fr/nouvelles/mises-a-jour/sous-la-loupe-de-glc-le-coronavirus-cinq-points.html

Buisness Insider. (28 février 2020). What to know about the coronavirus outbreak in 9 charts and map. [En ligne]. Disponible : https://www.businessinsider.com/coronavirus-in-charts-covid-19-symptoms-spread-deaths-warnings-2020-2#heres-where-cases-have-been-confirmed-so-far-1

Québec Science. (6 février 2020). Ce qu’on sait du mystérieux virus apparu en Chine. [En ligne]. Disponible : https://www.quebecscience.qc.ca/sante/mysterieux-virus-chine/

Clare Trapasso. Realtor. (28 février 2020). Coronavirus Fears Are Driving Down the Stock Market. How About the Housing Market? [En ligne]. Disponible : https://www.realtor.com/news/trends/how-falling-stock-market-and-coronavirus-fears-could-affect-housing-market/

Éric Desrosiers. Le Devoir. (5 mars 2020). La Banque du Canada abaisse à son tour ses taux d’intérêt. [En ligne]. Disponible : https://www.ledevoir.com/economie/574178/banque-du-canada-taux-directeur

Yun Li. CNBC. (8 mars 2020). Dow sinks 2 000 points in worst day since 2008, S&P 500 drops more than 7%. [En ligne]. Disponible : https://www.cnbc.com/2020/03/08/dow-futures-drop-700-points-as-all-out-oil-price-war-adds-to-coronavirus-stress.html

Jordan Press.  La Presse. (4 mars 2020).  La Banque du Canada abaisse son taux directeur à 1,25 %. [En ligne]. Disponible : https://www.lapresse.ca/affaires/economie/202003/04/01-5263285-la-banque-du-canada-abaisse-son-taux-directeur-a-125.php

TVA Nouvelles. (9 mars 2020). Le pétrole encaisse sa pire séance depuis 1991. [En ligne]. Disponible : https://www.tvanouvelles.ca/2020/03/09/les-cours-du-petrole-seffondrent?fbclid=IwAR1src3-dA-U7HrZl-O4BRjhabQ2oQXYHh6LMRo5Ea5gGSTq1bW61Vxtrw8

La Presse. (9 mars 2020). Coronavirus et krach pétrolier : lundi noir sur les marchés mondiaux. [En ligne]. Disponible : https://www.lapresse.ca/affaires/marches/202003/09/01-5263833-coronavirus-et-krach-petrolier-lundi-noir-sur-les-marches-mondiaux.php

Photo de mise en avant :  Realtor, 2020

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