Heroux-Devtek accroît sa présence auprès d’Airbus, en rachetant une de ses filiales en Espagne.

En février 2017, la société canadienne Héroux-Devtek annonçait des prévisions de baisse de son chiffre d’affaires et le licenciement de 90 personnes au cours de la même année. Des ralentissements de cadence de production chez d’importants clients, comme l’entreprise Boeing, pour laquelle la société de Longeuil est l’unique fournisseur des trains d’atterrissage des appareils 777 et 777X, étaient à l’origine de cette situation. La société réalise actuellement 65% de ses revenus aux États-Unis, notamment auprès de Boeing.

Le 2 octobre 2017, repositionnement stratégique de premier ordre, la société émet à Madrid, un communiqué mettant en second plan l’annonce de février : « Héroux-Devtek inc. (TSX : HRX) (« Héroux-Devtek » ou la « Société »), un important fabricant international de produits aérospatiaux, a le plaisir d’annoncer la conclusion d’une entente portant sur l’acquisition de Compañía Española de Sistemas Aeronáuticos, S.A. (« CESA »), filiale d’Airbus SE (PA : AIR), (la « Transaction ») pour un prix d’achat de 140 millions d’euros, soit environ 205 millions de dollars, pour la valeur globale de l’entreprise, sous réserve des ajustements de clôture habituels. »

Le fabricant de produits aérospatiaux québécois Héroux-Devtek vient de conclure la plus grande acquisition de son histoire.

« Nous sommes fiers. Fiers pour nous et fiers pour nos employés. Ça va leur donner l’occasion de travailler dans une société internationale », a lancé au Journal de Montréal Gilles Labbé, le président-directeur général de la compagnie. Il a ensuite affirmé que cette acquisition fera bondir le chiffre d’affaires de l’entreprise de 400M $CAN à 540M $CAN par année.

Cette transaction permettra d’accroître la présence de Héroux-Devtek auprès de l’un des deux plus grands fabricants d’avions du monde, soit AIRBUS. Le géant européen de l’aviation représente 50% des ventes de CESA.

Fernando Alonso, chef de la direction d’Airbus Defence and Space, S.A.U. déclare à l’occasion de cette entente : « Pour Airbus, le principal critère de sélection du candidat final reposait sur la capacité de l’acquéreur à doter CESA d’un plan industriel solide ainsi qu’à présenter une forte compatibilité d’un point de vue de la stratégie industrielle, en plus de démontrer un engagement à l’égard des employés. Cela, aussi bien dans l’intérêt de CESA, afin que l’entreprise poursuive sa croissance, que dans celui d’Airbus, puisque CESA demeurera un fournisseur de premier niveau pour Airbus Defence and Space et le Groupe Airbus en général. Cette acquisition répond entièrement à ces critères et représente une solution avantageuse pour toutes les parties impliquées »

La société québécoise n’est pas à sa première percée en Europe, déjà au début de 2014, elle met sous sa coupole une des filiales de BBA Aviation établies respectivement au Royaume-Uni et aux États-Unis pour la somme de 128M $US. Avec sa dernière acquisition, la société de Longueuil compte renforcer sa position dans l’industrie aérospatiale en Europe et dans le monde.

CESA, dont le siège social se trouve à Madrid, est un fournisseur de systèmes hydrauliques et électromécaniques pour l’industrie aérospatiale. Les trains d’atterrissage, ainsi que des systèmes d’actionnement et hydrauliques, sont les segments de ses produits. L’entreprise espagnole contribue notamment aux programmes de l’avion militaire A400 ainsi que de l’Airbus A380.

Airbus représente environ la moitié du chiffre d’affaires de CESA, qui a été de 136 millions pour l’année écoulée. L’entreprise emploie 340 personnes dans ses deux usines situées à Madrid et Séville.

Le rapport des résultats du premier semestre, clos le 30 septembre 2017 et publié par la société le 6 novembre 2017, fait ressortir quelques indicateurs importants sur la santé financière de l’entreprise :

  • Renforcement de la situation financière générée par de solides flux de trésorerie. En effet, les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation se sont chiffrés à 15,7M $CAN au deuxième trimestre, clos en septembre 2017, contre 6,2M $CAN au deuxième trimestre de l’exercice précédent. Cette amélioration reflète principalement une variation favorable nette des éléments hors trésorerie du fonds de roulement ;
  • Progression du carnet de commande de près de 100M $CAN depuis le début de l’exercice ;
  • Les ventes consolidées se sont établies à 176,5M $CAN, contre 187,2M $CAN pour les six premiers mois de 2016. Les fluctuations d’un exercice à l’autre de la valeur du dollar canadien par rapport aux devises ont augmenté les ventes de 0,4 M $CAN ;
  • Les ventes commerciales ont atteint 85,5M $CAN, contre 99,3M $CAN un an plus tôt, tandis que les ventes liées au secteur de la défense ont totalisé 91,0M $CAN, contre 87,9M $CAN en comparaison avec la période correspondante l’an dernier ;
  • Le résultat net a atteint 7,2M $CAN pour le premier semestre de l’exercice 2017, alors que celui de l’exercice clos le 30 septembre 2016 s’est chiffré à 14,7M $CAN ;

À la fin de cet article, je vous invite chers lectrices et lecteurs, à suivre avec intérêt l’évolution des indicateurs financiers et de performance, ainsi que la courbe de croissance de Héroux-Devtek, après l’acquisition de CESA.

Bibliographie

Didier Bert.(2017). Héroux-Devtek, la PME devenue maillon incontournable. Tiré du site : http://affaires.lapresse.ca

Francis Halin.(2017). Héroux-Devtek achète une filiale d’Airbus en Espagne. Tiré du site : http://www.tvanouvelles.ca

Yannick Clérouin.(2017). Héroux-Devtek réalise la plus importante acquisition de son histoire. Tiré du site : http://www.lesaffaires.com

http://www.herouxdevtek.com

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