Volkswagen va devoir passer à la caisse

Un peu plus d’un an après que le scandale sur la tricherie de Volkswagen (ETR: VOW3) sur les émissions de ses véhicules diesels ait fait surface, la justice américaine a condamné le constructeur allemand à payer plus de 14,7G $US aux États-Unis. Une facture d’autant plus salée que d’autres pays continuent d’entamer des poursuites contre le groupe.

Rappel des évènements

En septembre 2015, on apprend que Volkswagen est accusé d’avoir triché lors de tests d’émissions pour ses véhicules diesel. L’avis vient de l’US EPA (United States Environmental Protection Agency).  Volkswagen aurait posé des dispositifs sur ses véhicules pour que lors d’un test environnemental, les émissions d’oxydes d’azote rencontrent les normes imposées par les États-Unis. Or, il a été découvert qu’en réalité, les véhicules du constructeur allemand produisent 40 fois plus que la limite imposée. Pour faire suite à l’annonce de cet avis d’accusation, plusieurs pays ont annoncé qu’ils allaient faire des enquêtes sur le constructeur automobile et appliquer des sanctions s’il y a lieu. Quelques jours après que le début du scandale, le CEO de Volkswagen Group, Martin Winterkorn, démissionne de son poste. Le constructeur a alors mis en place des mesures de rappel et de rachat pour ses véhicules partout dans le monde. Plus de 11M de véhicules seraient impliqués dans cette affaire (Les Affaires, 2016).

 

Les jours suivants la nouvelle ont été très éprouvants pour l’action de Volkswagen, qui a perdu plus du tiers de sa valeur. En effet, le titre se trouvait aux alentours de 162,40€ en date du 18 septembre, lorsque le scandale a éclaté pour tomber à 92,36€ le 2 octobre ce qui correspond à son point le plus bas depuis (Google Finance,2016).

 

Les États-Unis tranchent et les investisseurs sont mécontents

Le 25 octobre dernier, le plan d’indemnisation proposé par Volkswagen a été approuvé par les États-Unis. Le montant total de 14,7G $US sert à compenser les acheteurs de véhicules avec un moteur de 2L. Chaque acheteur se verra dédommager de 5000 $US jusqu’à 10000 $US en plus du remboursement du véhicule à sa valeur de septembre 2015, soit juste avant que le scandale éclate (Financial Post, 2016). De ce montant, 2,7G $US seront utilisés afin de réparer les dommages environnementaux causés par les émissions excessives des véhicules ainsi que pour financer des projets visant à réduire la pollution. Enfin, un 2G $US sera utilisé afin de faire la promotion des véhicules  verts et des technologies vertes (Les Affaires, 2016). Malgré cette somme déjà très importante, Volkswagen doit toujours régler ses poursuites au pénal et de surcroît, le constructeur a concédé payer plus de 600M $US pour mettre fin aux poursuites que les différents États ont entamées.

 

D’autre part, un regroupement d’investisseurs et d’avocats ont entamé une poursuite contre Volkswagen en Allemagne d’une valeur de 8,2 G€, accusant le groupe d’avoir fait perdre de l’argent aux investisseurs en n’étant pas assez réactif dans leur contrôle du scandale en laissant perdurer le problème plus longtemps que nécessaire (Financial Post, 2016).

 

Que nous réserve l’avenir ?

Malgré tous les déboires du constructeur, on peut constater que le pire semble derrière lui. En effet,  en date du 2 novembre 2016, l’action tourne autour de 120.80 €, ce qui n’est pas la valeur d’avant l’annonce du scandale, mais qui représente quand même une augmentation de plus de 20% de sa valeur depuis son point le plus bas, au début d’octobre. Ensuite, les analystes remarquent que les commandes en Europe pour Volkswagen se stabilisent ainsi que la perte du groupe en Europe (Financial Post, 2016).

Cependant, il faut quand même préciser que Volkswagen n’a pas fini de payer la facture pour son manquement. Seulement aux États-Unis, bien que le groupe consente déjà à payer 10G $US pour compenser les acheteurs de véhicules diesels équipés d’un moteur de 2L, il reste les acheteurs de véhicules ayant un moteur de 3L et plus (généralement, ce sont des véhicules utilitaires sport, VUS) qui eux n’ont toujours pas été dédommagés de quelconque façon. Or, comme c’est le cas pour ses véhicules équipés de moteurs de 2L, Volkswagen ne sait toujours pas comment réparer ses véhicules avec un moteur de 3L afin que ceux-ci rencontrent les standards d’émissions. Ainsi, il risque de n’avoir d’autre choix que de racheter cette flotte de véhicules. Le bassin des véhicules de 3L est moins grand que celui des 2L aux États-Unis (85 000 véhicules avec un moteur de 3L comparativement aux 482 000 véhicules avec un moteur de 2L) (Driving, 2016), la somme devrait être inférieure aux 10G $US déjà promis pour les propriétaires des 2L.

On apprend aussi que Volkswagen désire supprimer 10 000 emplois au cours des prochaines années dans le monde (La Presse, 2016). Il n’est pas mention par contre de congédiement, mais plus de suppression de poste et de remaniement du personnel.

Il reste donc à se questionner sur l’impact du Dieselgate (nom donné au scandale) sur le monde des transports. À ce sujet, l’entrepreneur et fondateur de Tesla Motors (NASDAQ: TSLA) Elon Musk pense que cela prouve que nous avons atteint la limite de ce qu’il est possible de faire avec des véhicules à combustion interne. Il ajoute que ce scandale devrait inciter les fabricants automobiles à mettre plus de ressources dans le développement de véhicules électriques (Clean Technica, 2015). Musk semble avoir eu raison quand on voit que Chevrolet vient de lancer sa toute nouvelle Chevrolet Bolt qui fait compétition directe à la Tesla Model 3, qui se veut un véhicule électrique abordable.

 

 

Sources :

  1. AFP (25 octobre 2016). La justice américaine approuve le plan d’indemnisation de Volkswagen. Les Affaires. Tiré de http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/automobile/la-justice-americaine-approuve-le-plan-d-indemnisation-de-volkswagen/591090
  2. Cronin Fisk, M., Mehrota K. & Dlouhy, J., Bloomberg. (18 octobre 2016). Volkswagen still doesn’t have a fix for its cheating diesels. Driving. Tiré de http://driving.ca/volkswagen/auto-news/news/volkswagen-still-doesnt-have-a-fix-for-its-cheating-diesels
  3. AFP (28 octobre 2016). Volkswagen veut supprimer 10 000 emplois dans le monde. La Presse. Tiré de http://affaires.lapresse.ca/economie/automobile/201610/28/01-5035278-volkswagen-veut-supprimer-10-000-emplois-dans-le-monde.php
  4. Bloomberg News (25 octobre 2016). U.S. judge approves Volkswagen’s US$14.7 billion diesel-cheating settlement with U.S. drivers. Financial Post. Tiré de http://business.financialpost.com/news/transportation/u-s-judge-approves-us14-7-billion-diesel-cheating-settlement-with-volkswagen
  5. Bloomberg News (21 septembre 2016). Volkswagen AG sued for record US$9.2 billion in German investor lawsuits. Financial Post. Tiré de http://business.financialpost.com/news/transportation/volkswagen-ag-sued-for-record-us9-2-billion-in-german-investor-lawsuits
  6. Ratner, J. (18 juillet 2016). The worst may be over for Volkswagen in Europe. Financial Post. Tiré de http://business.financialpost.com/investing/trading-desk/the-worst-may-be-over-for-volkswagen-in-europe?__lsa=9a38-fd50
  7. Miller, D. (20 octobre 2016). What the VW Dieselgate scandal means for Canadians. Autofocus. Tiré de http://www.autofocus.ca/news-events/features/what-the-vw-dieselgate-scandal-means-for-canadians
  8. Ayre, J. Elon Musk’s Response To Dieselgate: “We’ve reached the limit of what’s possible with diesel & gasoline.”. Clean Technica. Tiré de https://cleantechnica.com/2015/09/29/elon-musks-response-to-dieselgate-weve-reached-the-limit-of-whats-possible-with-diesel-gasoline/

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